Wednesday, 17.11.2021 - Dakar - SENEGAL

D’une élection présidentielle à une autre, situation sociopolitique en Gambie : présentations et discussions des PSCC Policy Paper sur la Gambie.

Le 17 novembre 2021, le bureau Paix et Sécurité Centre de Compétence Afrique Subsaharienne de la FES a procédé aux présentations et discussions des policy papers sur la Gambie. L’un portait sur « Point de vue des femmes sur les réparations et la réconciliation nationale République de Gambie » rédigé par l’Association des Femmes pour l’Autonomisation des Victimes (WAVE) et l’autre sur « Élections en Gambie : un test sur la performance d'Adama BARROW » rédigé par Sanna CAMARA, journaliste. Ce fût également l’occasion de discuter de la situation politico – sociale du pays à quelques jours d’une élection présidentielle qui s’annonce particulièrement disputée. Les deux policy papers sont disponible dans la section publication.

Depuis le départ du pouvoir du président – dictateur Yahya JAMMEH, la Gambie a connu de nombreux bouleversements. L’arrivée du président Adama BARROW a suscité de grandes attentes et beaucoup d’espoir par l’ensemble de la population gambienne. En effet, nouvellement élu, il a fait la promesse de réformer en profondeur le pays et de mettre fin à la répression qui avait caractérisé le gouvernement précédent. Cependant, sa gouvernance a été l’objet de nombreuses critiques, malgré un début prometteur. Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers ce pays à l’approche de l’élection présidentielle. Il s’agit d’un test pour la démocratie en Gambie, une première depuis plus de 22 ans.

Une fois au pouvoir, le nouveau gouvernement en place, a entrepris une série de réformes visant à promouvoir le respect des droits de l’Homme et de l’État de droit et à redonner confiance au public, entre autres. Parmi les initiatives lancées par le Gouvernement, figure la mise en place d’une commission vérité, réconciliation et réparations. Cette commission avait suscité un engouement, notamment par toutes les nombreuses femmes qui ont été touchées par les atrocités de l’ancien régime de Yahya JAMMEH. Cependant, il semblerait que cette commission, n’ait pas vraiment donné aux femmes le résultat tant espéré. En effet, par la voix de sa coordinatrice, Priscilla Yague CIESAY, l’association WAVE a démontré que les réparations sont intrinsèquement liées aux questions de justice, de responsabilité et de réconciliation — qui relèvent toutes de la compétence du Gouvernement et doivent être menées de manière ouverte et transparente, équitable, juste et efficace. Il est courant que les personnes interrogées aient des opinions divergentes en ce qui concerne les réparations, l’objectif de celles-ci et les effets qu’elles auront sur leur vie. Quelques victimes ont reçu en guise de réparation de la part de l’ancien régime la restitution de leurs biens détournés, bien que ce type de soutien soit rarement fourni. De manière générale, il existe peu d’informations concernant les réparations versées au cours de cette période.

Sur le plan de la gouvernance, ancien collaborateur du président Adama BARROW, Sanna Camara constate amèrement que « moins de la moitié des priorités susmentionnées par le président à son arrivée au pouvoir ont été pleinement mises en œuvre à la hauteur des attentes de la population ». Il estime que le président Barrow n’a pas donné suite aux recommandations formulées par plusieurs commissions établies, certains anciens fonctionnaires impopulaires ont même été reconduits à leurs anciens postes après avoir témoigné devant la commission », regrette le journaliste gambien. Malgré cette gestion loin des attentes des gambiens, Adama BARROW n’a pas encore fait regretter JAMMEH. C’est du moins ce que veut bien clarifier Sanna CAMARA lors des discussions qui ont suivi sa présentation. « Jammeh ne me manque pas. Je n’ai pas sa nostalgie », décrète le journaliste indépendant pour qui, il n’y a pas de possibilité de retour en arrière. Un passé dans lequel beaucoup de choses n’étaient pas possibles car tout simplement interdites par le dictateur Jammeh. Parmi ces choses, la liberté d’expression qui est devenue une réalité sous Adama Barrow. « Personne ne va en prison parce qu’il a critiqué le président », admet-il en ajoutant que le pouvoir législatif et judiciaire sont indépendants de l’exécutif.

Press links

https://www.dakaractu.com/Evaluation-de-la-gouvernance-d-Adama-Barrow-La-faible-note-du-Bureau-Paix-et-Securite-Centre-de-Competence-en-Afrique_a211106.html

https://www.dakaractu.com/Presidentielle-en-Gambie-La-societe-civile-se-veut-plus-impliquee-dans-le-processus-electoral_a211089.html

https://www.dakaractu.com/Gambie-La-gestion-d-Adama-Barrow-passee-en-revue_a211114.html

 

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